La roue du changement de Hudson
- CAROLE AGULLO
- 5 août
- 3 min de lecture

Le mouvement, qu’il soit plus ou moins lent ou plus ou moins rapide, est le propre de la vie.
C’est ce que nous rappellent certaines traditions ancestrales, du bouddhisme aux peuples racines.
Pourtant, notre rapport au mouvement via le changement ne semble pas si évident.
Alors qu’est-ce qui nous influence dans notre rapport au changement ? Des mémoires, des conditionnements, des croyances, la peur de ne pas faire face (une peur fondamentale de l’être humain), ou tout autre chose.
Dans certains de mes accompagnements de transition professionnelle, ou pour moi-même, j’aime revenir à la roue du changement de Hudson que je perçois comme une analogie à une carte routière.
Il s’agit d’une représentation plutôt claire du mouvement que nous rencontrons dans nos vies.
Ce modèle facilite une prise de recul via une certaine compréhension de ce qui est traversé. Une compréhension qui rassure le mental. C’est un premier pas.
Je l’aborderai ici dans la sphère professionnelle. Et je vous proposerai également de faire un lien avec le cycle des saisons. C’est ainsi une façon de nous relier à cette conscience de notre appartenance au vivant.
La roue du changement de Hudson peut se lire en 4 grandes étapes :
· Une phase de lancement, le début, d’un nouveau job, d’une nouvelle activité. Une étape où l’énergie est présente, dans laquelle on ressent de la motivation à faire, à créer. Elle pourrait être représentée par l’été, période d’abondance, de récolte des projets qui ont vus le jour.
· Une phase de ronronnement ou de plateau d’abord. Le ou les projets ont été réalisés. C’est un moment qui nous amène à un mouvement de descente, on se désaligne, on perçoit une forme de marasme. Après les apprentissages liés à la nouveauté, c’est la phase dans laquelle nous nous sentons à l’aise dans nos missions avec une certaine maitrise, et en même temps cette période est annonciatrice d’une fin. C’est le moment où l’on peut commencer à s’ennuyer avec le sentiment d’avoir fait le tour de son poste, de ses missions, de ses activités. On n’attend les week-ends et les vacances avec impatience. Les motivations ne sont plus les mêmes, nos valeurs ne sont plus suffisamment nourries, une perte de sens dans ce que nous faisons. Un de ses effets pourra se refléter dans notre niveau d’énergie. Plus de mal à se lever le matin, plus de tensions internes, d’irritabilité ou des instants de déprime. Cette étape pourrait être reliée à l’automne. Les feuilles commencent à tomber, la nature commence à s’endormir… en apparence.
A cet endroit, il existe 2 possibilités. Nous parlerons de changement de type 1 ou de changement de type 2.
Le changement de type 1 signifiera par exemple retrouver un poste similaire dans une nouvelle entreprise, ou avoir de nouvelles missions dans son poste. C’est un changement qui se veut plus rapide qu’un changement de type 2.
Le changement de type 2, est un changement plus en profondeur, voire existentiel. L’enjeu de se sentir à la place juste dans sa vie professionnelle sera remis en question en profondeur. Ça peut être une phase de réflexion pour une réorientation ou une reconversion.
· Intervient alors la phase dite de cocooning, le besoin qui se fait sentir à ce moment-là, et qui est nécessaire, est celui de reprendre des forces d’abord, de s’autoriser à prendre soin de soi dans une période où l’on se sent perdue avec une vision floue de son avenir. Elle serait reliée à l’hiver. Même si tout semble dormir en surface, la vie reste présente dans le sol, dans les racines des arbres. La mort apparente, n’est qu’apparente. Quelque chose d’encore inconnue, de non-visible, est en phase de maturation. Comme si la vie cherchait son chemin pour s’exprimer.
· La 4ème phase, quant à elle, est celle de l’exploration pour s’aligner à nouveau. Après avoir récupérer suffisamment d’énergie, il est temps d’explorer, de sortir de la grotte dans laquelle nous avions besoin de nous installer avec l’étape précédente. C’est une phase d’expérimentations, en préparation du nouveau projet à venir, qui prendra naissance avec le lancement de la phase 1. On pourrait l’associer au printemps, avec la phase de germe. Les graines semées poussent dans la terre pour rencontrer la lumière.
Ce cercle de lecture en écho au terme de grille de lecture, nous rappelle, que la vie professionnelle en résonnance avec la vie est mouvement.
La roue du changement de Hudson nous invite à regarder là où nous en sommes pour nous éclairer, sans injonction.
Comme vous l’aurez perçu certaines phases pourront être vécues avec une certaine complexité. Et l’accompagnement dans ces contextes est un véritable soutient pour cheminer avec conscience et discernement dans le chemin professionnel qui est le sien.




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